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# 🩸・Kubikiribōchō, Injustice Tranchante 🆕

**Kubikiribōchō** est sans doute la plus ancienne des Sept Épées de la Brume, et celle dont l'histoire est la plus étroitement liée aux traditions les plus sombres de Kirigakure. Bien avant que les Sept Épées n'existent officiellement, les exécutions publiques constituaient déjà un élément essentiel de l'autorité du village. Les traîtres, les déserteurs et les ennemis capturés étaient décapités devant la population afin de rappeler à tous le prix de la trahison.

Lorsque **Rangetsu Hōzuki, Troisième Mizukage**, entreprit de réunir les plus grands artisans du Pays de l'Eau afin de créer les futures Lames de la Brume, un nom s'imposa rapidement malgré son absence : **Gajirō le Fléau**.

Autrefois considéré comme l'un des plus brillants forgerons de sa génération, Gajirō avait été banni de Kirigakure après la découverte de ses expériences interdites. Obnubilé par l'idée de créer un métal capable de survivre à son propriétaire, il menait depuis des années des rituels jugés impurs, utilisant du sang humain dans ses procédés de fabrication et étudiant les liens entre le chakra, la mort et l'acier. Là où les autres forgerons cherchaient à produire des armes plus solides, Gajirō poursuivait un objectif bien plus inquiétant : créer une lame capable de perdurer en se nourrissant elle-même des conséquences de son utilisation.

Contre l'avis de nombreux conseillers, Rangetsu lui proposa un marché. Son bannissement serait levé s'il parvenait à créer une arme digne de rejoindre les futures Sept Épées de la Brume.

Gajirō accepta.

Pendant plusieurs années, il travailla loin des regards, dans un atelier isolé des côtes du Pays de l'Eau. Lorsque l'arme fut finalement présentée au Mizukage, les témoins rapportèrent qu'aucun d'entre eux n'avait jamais vu une lame semblable. Immense, lourde et volontairement disproportionnée, elle ressemblait davantage à un instrument d'exécution qu'à une véritable épée de guerre. Son acier avait été trempé non dans l'huile ou l'eau, mais dans du sang humain encore chaud. Des sceaux funéraires recouvraient sa surface et parcouraient sa structure jusqu'au cœur du métal.

Ces marques n'avaient pas été gravées pour protéger l'arme, elles avaient été conçues pour lui donner faim.

Kubikiribōchō possédait une propriété unique parmi les créations de Kirigakure. Lorsqu'elle blessait un adversaire, les sceaux inscrits dans sa structure absorbaient le fer contenu dans le sang répandu. Cette matière était ensuite assimilée par le métal lui-même, permettant à la lame de se régénérer progressivement. Les éclats disparaissaient, les fissures se refermaient et les parties détruites retrouvaient leur forme d'origine. Tant qu'elle continuait de verser le sang, Kubikiribōchō ne pouvait véritablement être détruite.

Rapidement, les exécuteurs de Kirigakure remarquèrent un phénomène difficile à expliquer. Plus l'épée se régénérait, plus sa présence semblait devenir pesante. Les hommes chargés de la porter évoquaient une sensation constante de tension dans leurs bras, comme si l'arme cherchait à avancer d'elle-même vers sa prochaine victime. Aucun rapport officiel ne valida jamais ces témoignages, mais les rumeurs persistèrent pendant des générations. Certains allèrent jusqu'à prétendre que Kubikiribōchō n'était pas seulement capable d'absorber le fer contenu dans le sang, mais également les échos de la violence ayant permis de l'obtenir.

Le premier porteur officiellement reconnu de l'épée fut **Zeigetsu**, un membre discret du clan Hōzuki dont le nom n'apparaissait presque jamais dans les rapports militaires de l'époque. Toute sa vie, il vécut dans l'ombre de son rival **Haito**, un prodige admiré aussi bien par ses supérieurs que par ses camarades. Là où Haito accumulait les distinctions, **Zeigetsu** n'était souvent mentionné que pour ses échecs.

Lors d'une mission ayant tourné au désastre, son unité fut anéantie et **Zeigetsu** fut abandonné parmi les morts. Gravement blessé et incapable de se déplacer correctement, il erra pendant plusieurs heures avant de découvrir Kubikiribōchō, laissée sur place après un affrontement précédent. Dans un ultime effort, il s'effondra contre la lame, son sang se répandant sur les sceaux gravés dans l'acier.

Les archives divergent sur ce qui se produisit ensuite. Certains affirment que les propriétés régénératrices de l'arme réagirent simplement au contact de son sang. D'autres soutiennent que les sceaux de Gajirō accomplirent exactement ce pour quoi ils avaient été conçus.

Quoi qu'il en soit, **Zeigetsu** survécut à des blessures qui auraient dû lui être fatales. Lorsqu'il réapparut plusieurs jours plus tard à Kirigakure, il n'était plus le même homme. Ceux qui le croisèrent décrivirent un regard vide, une détermination froide et un silence inhabituel. Au cours de la même nuit, il retrouva Haito et le décapita d'un seul mouvement. La précision du coup fut telle que plusieurs témoins refusèrent longtemps de croire qu'il s'agissait de l'œuvre du shinobi maladroit qu'ils avaient connu.

Lorsque les gardes arrivèrent sur les lieux, ils découvrirent **Zeigetsu** immobile, la lame encore couverte de sang.

Le Mizukage l'attendait déjà. Les récits de cette rencontre diffèrent selon les versions, mais tous s'accordent sur les derniers mots prononcés par Rangetsu Hōzuki après avoir observé l'homme et l'épée pendant de longues minutes.

> *« Une lame choisit rarement son porteur. Lorsqu'elle le fait, il est déjà trop tard pour les séparer. » -* Rangetsu Hōzuki

Depuis ce jour, une croyance persiste parmi les détenteurs des Sept Épées de la Brume. Selon cette légende, Kubikiribōchō ne se contente pas d'être maniée par son propriétaire, elle accorde la survie à ceux qu'elle juge dignes de continuer à tuer en son nom.

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