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# ⭕・Faux de Jashin 🆕

Parmi toutes les reliques associées au culte de Jashin, aucune n'occupe une place aussi importante que la Faux de Jashin. Là où certains artefacts furent créés par ses disciples ou consacrés après sa mort, cette arme aurait accompagné Jashin lui-même à l'époque où il foulait encore le monde des hommes. Bien avant que son nom ne soit associé à une divinité, avant même que les premiers cultes ne se forment autour de sa personne, la faux était déjà présente à ses côtés. Les textes les plus anciens du culte affirment qu'elle ne fut pas seulement son arme favorite, mais l'instrument avec lequel il imposa sa volonté à une époque où le chaos dominait encore l'existence humaine.

Selon les chroniques jashinistes, cette lame accompagna chacun des grands événements qui marquèrent son ascension. Elle fut présente lors des premières guerres menées au nom du sacrifice, lors de l'édification des premiers sanctuaires du chaos et durant les campagnes sanglantes qui transformèrent progressivement le monde en un immense autel consacré à la souffrance. Là où les armées de Jashin passaient, les terres étaient ravagées, les royaumes disparaissaient et les populations apprenaient à craindre jusqu'à la simple évocation de son nom. Les fidèles considèrent que l'arme absorba une partie de tout ce qu'elle traversa. Chaque bataille, chaque exécution rituelle et chaque offrande accomplie au nom du Maître du Carnage auraient laissé une empreinte dans son métal, au point que la faux serait devenue bien davantage qu'une arme. Pour les plus fervents croyants, elle constitue la mémoire vivante du règne de Jashin, le dernier témoin matériel d'une époque où le monde entier pliait sous sa domination.

Lorsque débuta la Guerre d'Harmonie, la faux continua d'accompagner son maître. Les moines, puis les disciples du Ninshu, s'opposèrent à la vision de Jashin et contestèrent son contrôle sur le monde. Ce conflit marqua la première véritable résistance à son règne, et les textes sacrés rapportent que la faux fut présente lors de chacun des affrontements décisifs de cette période. Alors que les bastions du chaos tombaient les uns après les autres et que les peuples apprenaient à utiliser le chakra sans passer par la souffrance ou le sacrifice, Jashin se replia progressivement vers son dernier refuge. La faux demeura à ses côtés jusqu'au bout, observant la lente disparition de tout ce qu'il avait construit.

Les récits du siège final occupent une place particulière dans les écrits jashinistes. Ils décrivent un monde entier mobilisé contre un seul homme, des armées innombrables s'abattant sur la dernière forteresse du chaos et un souverain refusant de quitter son trône malgré l'inévitabilité de sa défaite. Lorsque les murs finirent par tomber et que les derniers fidèles furent massacrés, Jashin demeura assis parmi les ruines de son royaume, la faux toujours serrée dans sa main. C'est ainsi que le Maître du Carnage mourut, non comme un homme implorant sa survie, mais comme un conquérant observant la fin de son œuvre. Pourtant, lorsque les vainqueurs pénétrèrent dans les vestiges du bastion, ils ne retrouvèrent jamais l'arme. La faux avait disparu.

Cette disparition alimenta les spéculations pendant des siècles. Certains affirmèrent que les survivants du culte l'avaient emportée avant la chute du bastion. D'autres soutinrent qu'elle avait été détruite pour empêcher toute résurgence du chaos. Quelques érudits allèrent même jusqu'à considérer que son existence n'avait jamais été réelle et qu'elle n'était qu'une construction symbolique ajoutée aux récits pour renforcer la légende de Jashin. Aucune de ces théories ne put être prouvée. Les siècles passèrent, les royaumes changèrent, les guerres se succédèrent, et la faux ne réapparut jamais.

Pendant ce temps, l'histoire de Jashin suivait un autre chemin. Après sa mort, ses apôtres préservèrent ses enseignements et fondèrent des cultes clandestins à travers le monde. Ce qui n'était à l'origine qu'un ensemble de croyances interdites finit par devenir une véritable religion. Les fidèles continuaient de souffrir, de sacrifier et de prier en son nom, nourrissant progressivement l'existence spirituelle de celui qui avait autrefois régné par la force. Les textes du culte décrivent cette période comme la véritable naissance du dieu Jashin. L'homme était mort, mais l'idée avait survécu, et cette idée devint suffisamment puissante pour acquérir sa propre réalité dans le monde spirituel.

C'est plusieurs générations après cette ascension que commencèrent les premières visions. Des prêtres, des fanatiques et parfois de simples fidèles rapportèrent des rêves identiques sans jamais s'être rencontrés. Tous décrivaient un paysage recouvert de cendres, un ciel rougeoyant et une immense étendue de cadavres blanchis par le temps. Au centre de cette vision se dressait une faux plantée dans le sol, intacte malgré les siècles, comme si elle attendait encore le retour de quelqu'un. Ces révélations furent d'abord considérées comme des manifestations symboliques de la foi, mais leur répétition finit par convaincre les plus fervents que Jashin lui-même tentait de leur transmettre un message.

De nombreux croyants partirent alors à sa recherche. Certains consacrèrent leur existence entière à suivre les indices laissés dans les visions. D'autres périrent dans des régions sauvages ou sombrèrent dans la folie à force de poursuivre ce qu'ils pensaient être un appel divin. Malgré ces échecs, quelques élus finirent par retrouver l'endroit décrit dans les rêves. Les témoignages divergent sur sa localisation exacte, mais tous s'accordent sur un élément essentiel : la faux s'y trouvait réellement. Le temps n'avait laissé aucune trace sur elle. Elle n'était ni rouillée ni dégradée, comme si les siècles écoulés depuis la mort de Jashin n'avaient eu aucune prise sur son existence.

Son retour bouleversa profondément le culte. Aux yeux des fidèles, il ne s'agissait pas simplement d'une relique retrouvée, mais d'une preuve irréfutable que leur dieu continuait d'intervenir dans le monde des mortels. La faux fut dès lors conservée comme l'objet le plus sacré de leur foi et confiée aux élus jugés dignes de porter l'héritage du Maître du Carnage. Cependant, les phénomènes observés autour de l'arme alimentèrent rapidement de nouvelles interrogations. Certains porteurs rapportèrent entendre des murmures lorsqu'ils la maniaient. D'autres décrivaient des souvenirs qui ne leur appartenaient pas, des visions de batailles anciennes ou de massacres remontant à une époque où aucune nation actuelle n'existait encore.

Ces témoignages conduisirent les théologiens jashinistes à développer une théorie devenue particulièrement populaire au sein du culte. Selon eux, la faux ne serait pas simplement l'arme de Jashin, mais le dernier vestige du Jashin humain. Lorsque la foi transforma son âme en divinité, une partie de ce qu'il avait été serait demeurée attachée à son arme, préservée au fil des siècles comme une cicatrice laissée dans le monde matériel. Ainsi, le dieu qui répond aujourd'hui aux prières de ses fidèles ne serait pas exactement le même être que celui qui mena jadis ses armées à travers le monde. Quelque part, dans les profondeurs de cette relique, subsisterait encore une fraction de l'homme qui conquit le monde avant de devenir un dieu.

C'est cette idée qui nourrit aujourd'hui autant la fascination que la peur entourant la Faux de Jashin. Car si elle contient réellement une part de son ancien maître, alors personne ne sait ce qui observe silencieusement le monde à travers les yeux de ceux qui la portent. Peut-être n'y a-t-il qu'une mémoire. Peut-être une volonté. Ou peut-être que, depuis tout ce temps, le premier Jashin n'a jamais totalement cessé d'attendre son retour.

> *« Les siècles ont transformé Jashin en dieu, mais cette faux a connu l'homme qu'il était avant cela. Elle a vu ses victoires, ses peurs, ses colères et ses derniers instants. Lorsque je la regarde, je ne vois pas une arme sacrée. Je vois un témoin qui a survécu à son propre maître, et je me demande parfois ce qu'elle pense de ceux qui prétendent aujourd'hui parler en son nom. » -* Hanzo Akumu, Apôtre de Jashin

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