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đŸŠŽăƒ»Shikyokotsu, Dagues Kaguya 🆕

⚠ HRP - Votre personnage ne possĂšde pas passivement ces informations. Elles ne sont donc pas nĂ©cessairement en sa connaissance. Si vous souhaitez en apprendre davantage, cela devra se faire en RP.

Les Shikyokotsu ne sont pas de simples dagues d’os. Elles ne furent ni forgĂ©es dans une arme, ni sculptĂ©es Ă  partir d’un trophĂ©e, ni offertes par un clan Ă  l’un de ses hĂ©ritiers. Leur origine est plus intime, plus morbide et plus douloureuse, car elles naquirent dans l’instant oĂč un frĂšre refusa d’accepter que la mort puisse ĂȘtre dĂ©finitive. LĂ  oĂč beaucoup d’armes sont créées pour vaincre un ennemi, celles-ci furent créées parce qu’Akaza Kaguya ne parvint jamais rĂ©ellement Ă  abandonner Shiki Suza Kaguya.

Lorsque Shiki mourut, Akaza sombra dans les mĂȘmes travers que ces savants persuadĂ©s que la science, la volontĂ© et l’obsession suffiraient Ă  corriger l’ordre naturel du monde. Il ne pleura pas son frĂšre comme les autres hommes pleurent leurs morts. Il l’étudia. Il conserva son corps, analysa sa chair, son sang, ses os, et chercha dans chaque fragment de lui une rĂ©ponse Ă  cette question impossible : comment ramener Shiki parmi les vivants sans le trahir entiĂšrement ? De cette folie naquit le projet qui donna plus tard naissance Ă  Ranzo, un ĂȘtre conçu Ă  partir des cellules souches du dĂ©funt, non pour exister librement, mais pour reproduire celui dont Akaza refusait la disparition.

Pourtant, mĂȘme Akaza, qui connaissait Shiki mieux que quiconque, dut se heurter Ă  une vĂ©ritĂ© cruelle. On ne recrĂ©e pas un ĂȘtre humain en recopiant son corps. On ne ressuscite pas un frĂšre en multipliant ses cellules. Ranzo pouvait porter une part de Shiki, rappeler certains gestes, certaines formes, certains Ă©chos, mais il ne pouvait pas ĂȘtre exactement celui qu’Akaza avait perdu. Plus Akaza avançait dans ses recherches, plus il comprenait que sa science pouvait produire un hĂ©ritier, un reflet ou une expĂ©rience, mais jamais rendre intact ce que la mort avait pris.

C’est durant l’étude du cadavre de Shiki qu’Akaza dĂ©couvrit cependant une anomalie plus grande encore que toutes ses tentatives de clonage. Le corps de son frĂšre ne se comportait pas comme celui des autres Kaguyas artificiels. Chez ces derniers, le chakra de Nagane Kaguya, l’origine mĂȘme de leur lignĂ©e, demeurait gĂ©nĂ©ralement concentrĂ© autour de l’os d’implantation, comme une source Ă©trangĂšre greffĂ©e Ă  un squelette qui ne l’avait pas entiĂšrement fait sien. Chez Shiki, rien de tout cela ne se produisait. MalgrĂ© sa mort, ses os n’avaient pas rejetĂ© ce chakra, ne l’avaient pas laissĂ© se dissiper et ne s’étaient pas Ă©teints avec le reste du corps.

Chaque os de Shiki continuait de vivre.

Le chakra de Nagane circulait dans son squelette entier, non comme un simple rĂ©sidu, mais comme une seconde vie osseuse, silencieuse, persistante, presque indĂ©pendante de l’hĂŽte mort qui l’avait portĂ©. LĂ  oĂč les autres Kaguyas artificiels recevaient un fragment d’origine, Shiki semblait avoir Ă©tĂ© entiĂšrement reconnu par cette origine. L’implantation n’avait pas seulement pris racine dans un os, elle s’était rĂ©pandue dans toute sa structure, jusqu’à transformer son squelette entier en rĂ©ceptacle vivant du chakra de Nagane. Akaza donna Ă  ce phĂ©nomĂšne un nom qui resta attachĂ© Ă  ses notes les plus secrĂštes : l’Élu de Nagane.

Ce nom n’était pas seulement scientifique. Il Ă©tait presque sacrĂ©.

Akaza y voyait la preuve que Shiki avait Ă©tĂ© diffĂ©rent, que son frĂšre n’avait pas Ă©tĂ© une expĂ©rience parmi les autres, ni un simple porteur artificiel de plus dans l’histoire des Kaguyas. Quelque chose, dans son corps, avait acceptĂ© Nagane d’une maniĂšre que les autres n’avaient jamais atteinte. MĂȘme mort, Shiki demeurait reliĂ© Ă  l’origine du clan, comme si son squelette refusait de comprendre que son cƓur avait cessĂ© de battre. Cette dĂ©couverte acheva de transformer le deuil d’Akaza en obsession, car si les os de Shiki vivaient encore, alors peut-ĂȘtre que la mort ne l’avait pas entiĂšrement gagnĂ©.

C’est ainsi qu’Akaza arracha le sternum de son frùre.

Le choix de cet os ne fut pas anodin. Le sternum protĂšge le cƓur, garde la cage thoracique, se tient au centre du corps comme une porte entre la respiration, le sang et la vie. En le prĂ©levant, Akaza ne prit pas simplement un morceau de squelette. Il retira ce qu’il considĂ©rait comme le dernier rempart d’un cƓur disparu, l’os qui avait protĂ©gĂ© Shiki jusqu’à son dernier souffle et qui, mĂȘme aprĂšs la mort, continuait de porter le chakra de Nagane. À partir de ce sternum, il façonna deux dagues jumelles, polies, affĂ»tĂ©es et travaillĂ©es avec une prĂ©cision presque rituelle.

Elles furent nommées Shikyokotsu, le "Sternum de Shiki".

Ces dagues ne possĂšdent pas la froideur d’une lame ordinaire. Elles semblent faites d’un os trop blanc, trop dense, dont la surface conserve parfois une chaleur presque imperceptible. Ceux qui les observent trop longtemps disent y percevoir de fines lignes, semblables Ă  des veines osseuses, comme si le chakra qui les parcourt cherchait encore Ă  circuler dans un corps absent. Elles ne sont pas seulement les armes nĂ©es du squelette de Shiki Suza Kaguya. Elles portent le chakra de Nagane, le Kaguya originel, mais aussi la volontĂ© persistante de leur ancien hĂŽte, une trace de Shiki que ni la mort, ni la science, ni la folie de son frĂšre ne parvinrent Ă  faire taire.

Entre les mains d’un Kaguya, les Shikyokotsu ne se comportent pas comme de simples dagues. Elles rĂ©sonnent avec les os, avec la chair, avec cette part du corps que le clan a toujours transformĂ©e en arme. Certains racontent qu’elles peuvent reconnaĂźtre la proximitĂ© du chakra de Nagane, qu’elles vibrent face Ă  un porteur digne ou se raidissent contre ceux qui ne sont que des imitateurs. D’autres prĂ©tendent qu’elles ne tranchent pas seulement la peau, mais rĂ©veillent dans la blessure une mĂ©moire osseuse, une douleur profonde, presque primitive, comme si l’ennemi Ă©tait frappĂ© par un fragment de squelette refusant d’ĂȘtre mort.

Akaza ne les crĂ©a pourtant jamais comme un simple outil de guerre. Dans son esprit, les Shikyokotsu Ă©taient Ă  la fois une relique, une preuve et une faute. Elles prouvaient que Shiki avait Ă©tĂ© unique, qu’il avait portĂ© Nagane d’une maniĂšre que la science elle-mĂȘme peinait Ă  expliquer. Elles Ă©taient aussi le tĂ©moignage de l’échec d’Akaza, incapable de rendre son frĂšre au monde autrement qu’en divisant son corps entre un clone imparfait et deux armes sacrĂ©es. Ranzo reçut la chair et l’idĂ©e de reproduction, les dagues reçurent l’os, le chakra et ce qu’il restait de volontĂ©.

Depuis leur crĂ©ation, les Shikyokotsu sont considĂ©rĂ©es avec autant de fascination que de malaise par ceux qui connaissent leur origine. Pour certains, elles sont l’une des plus grandes preuves de la singularitĂ© de Shiki Suza Kaguya. Pour d’autres, elles sont l’abomination ultime d’un deuil devenu expĂ©rimentation, la marque d’un frĂšre qui a prĂ©fĂ©rĂ© transformer un mort en hĂ©ritage plutĂŽt que de le laisser reposer. Mais chez les Kaguyas, la frontiĂšre entre l’hommage, la violence, la science et la profanation a toujours Ă©tĂ© plus fine qu’ailleurs, car leur corps lui-mĂȘme est une arme, et leurs os portent parfois plus de mĂ©moire que leurs paroles.

Aujourd’hui encore, les Dagues Kaguya demeurent liĂ©es Ă  cette question que personne n’a jamais rĂ©ellement su rĂ©soudre : Shiki est-il mort lorsque son cƓur s’est arrĂȘtĂ©, ou une partie de lui continue-t-elle de vivre dans les os que son frĂšre a refusĂ© d’enterrer ? Les Shikyokotsu ne rĂ©pondent pas. Elles restent silencieuses, froides en apparence, vivantes dans leur profondeur, portant en elles le chakra de Nagane, la volontĂ© de Shiki et la faute d’Akaza. Celui qui les manie ne tient donc pas seulement deux dagues, il tient le sternum d’un mort que son frĂšre a transformĂ© en lĂ©gende, et chaque coup portĂ© avec elles rappelle que certains hĂ©ritages ne naissent pas de la victoire, mais de l’incapacitĂ© Ă  laisser partir ceux que l’on a aimĂ©s.

« Certains os portent plus de mĂ©moire que les tombeaux, parce qu'ils refusent d'oublier le cƓur qu'ils protĂ©geaient. » - Ancien du Clan Kaguya

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