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đŸŠŽăƒ»Clan Kaguya 🆕

⚠ HRP - Votre personnage ne possĂšde pas passivement ces informations. Elles ne sont donc pas nĂ©cessairement en sa connaissance. Si vous souhaitez en apprendre davantage, cela devra se faire en RP.

Histoire du Clan Kaguya - Les Monstres Osseux 🆕

Le Clan Kaguya actuel ne naquit pas d’une lignĂ©e ancienne, ni d’un sang transmis depuis des siĂšcles, ni d’un territoire dĂ©fendu par des ancĂȘtres. Il ne descend pas d’un peuple oubliĂ©, ni d’une noblesse primitive que l’on aurait ramenĂ©e Ă  la vie. Les Kaguya d’Otogakure sont nĂ©s d’une volontĂ©, d’une expĂ©rience, d’un rĂȘve de perfection devenu blessure, puis d’une famille construite autour de ceux que ce rĂȘve avait transformĂ©s. Avant d’ĂȘtre un clan, ils furent une tentative de dĂ©passer l’humanitĂ©. Avant d’ĂȘtre une famille, ils furent des enfants sauvĂ©s, modifiĂ©s, endurcis, parfois brisĂ©s. Et avant que leur nom ne devienne celui d’une lignĂ©e de monstres osseux, il fut l’ombre laissĂ©e par l’ambition d’un homme : Nagane.

Nagane venait d’Amegakure. Comme Gin et Denki, il faisait partie de ces enfants arrachĂ©s trop tĂŽt Ă  la guerre, Ă  la misĂšre et aux violences d’un pays qui ne savait plus vraiment protĂ©ger les siens. Les trois orphelins quittĂšrent Ame durant leur enfance et furent recueillis par Konoha, oĂč ils apprirent Ă  survivre autrement que par la fuite. Avec le temps, ils devinrent mĂȘme les maĂźtres d’armes du clan Uchiha, formĂ©s dans un environnement oĂč la discipline, le talent et la rigueur pouvaient donner Ă  des enfants sans foyer une place que leur naissance ne leur avait jamais promise. Mais malgrĂ© cette ascension, Ame demeurait derriĂšre eux comme une plaie ouverte. Ils savaient qu’ils avaient laissĂ© d’autres enfants lĂ -bas.

Leur dĂ©part de Konoha ne fut donc pas une simple trahison, ni un caprice de dĂ©serteurs. Gin, Denki et Nagane quittĂšrent le village pour retourner sauver ceux qu’ils avaient dĂ» abandonner Ă  Ame, les frĂšres et sƓurs d’infortune restĂ©s dans les orphelinats, les rues, les refuges ou les mains de ceux qui profitaient de leur faiblesse. Amegakure Ă©tait une terre oĂč l’enfance pouvait devenir une marchandise, une main-d’Ɠuvre, une dette ou une proie. Certains gamins servaient de bras aux mafias, d’autres Ă©taient utilisĂ©s comme consommateurs, messagers, esclaves, chair Ă  mission ou simples outils jetables dans les luttes des adultes. Pour Nagane, retourner Ă  Ame signifiait arracher ces enfants Ă  un pays qui avait appris Ă  les broyer sans mĂȘme dĂ©tourner les yeux.

C’est dans cette quĂȘte qu’ils croisĂšrent Raiko, qui les forma et leur donna les moyens de faire de leur volontĂ© autre chose qu’un Ă©lan dĂ©sespĂ©rĂ©. Raiko comprit que ces trois orphelins ne cherchaient pas seulement Ă  sauver quelques enfants, mais Ă  construire un endroit oĂč les enfants abandonnĂ©s n’auraient plus Ă  supplier le monde pour avoir le droit d’exister. Cette conviction deviendrait l’une des racines d’Otogakure, village encore fragile, mais dĂ©jĂ  pensĂ© comme un refuge pour les parias, les monstres, les orphelins, les hĂ©rĂ©tiques, les dĂ©serteurs et tous ceux que les grandes nations avaient rejetĂ©s.

À mesure qu’Oto prenait forme, Nagane dĂ©veloppa une certitude de plus en plus sombre. Les villages prĂ©tendaient apporter l’ordre, mais ils reproduisaient les mĂȘmes guerres, les mĂȘmes mensonges, les mĂȘmes hiĂ©rarchies et les mĂȘmes souffrances. Les forts utilisaient les faibles, les faibles mouraient, les enfants hĂ©ritaient des dettes et des haines des adultes, puis le monde appelait cela une nation. Nagane, conscient de sa propre faiblesse physique et rongĂ© par un profond complexe d’infĂ©rioritĂ©, en vint Ă  croire qu’aucune paix durable ne pourrait naĂźtre d’une humanitĂ© aussi fragile. Si l’homme Ă©tait condamnĂ© par son corps, par la maladie, par la douleur, par la peur et par la mort, alors il fallait crĂ©er un homme nouveau.

C’est auprĂšs de Mayuri Kosaka que cette obsession trouva une forme. Mayuri, l’un des piliers fondateurs d’Oto, Ă©tait un Ă©rudit brutal, un mĂ©decin, un savant et un maĂźtre des connaissances interdites. Son intelligence Ă©tait reconnue bien au-delĂ  du Pays du Son, et ses travaux exploraient tout ce que les autres villages prĂ©fĂ©raient enfermer dans le silence : les mutations, les limites du corps, les greffes, les expĂ©riences de survie, les altĂ©rations du chakra et les chemins capables de transformer un ĂȘtre vivant en quelque chose de plus rĂ©sistant que sa nature premiĂšre. Nagane se rapprocha de lui pour apprendre. Il ne voulait pas seulement recevoir de la puissance ; il voulait comprendre comment fabriquer une humanitĂ© capable de survivre au monde shinobi.

Contrairement Ă  ce que certaines rumeurs racontĂšrent plus tard, Nagane commença par expĂ©rimenter sur lui-mĂȘme. Son propre corps devint le premier laboratoire de son rĂȘve. Avec l’aide de Mayuri, il chercha Ă  renforcer ses faiblesses, Ă  corriger ses limites, Ă  rendre sa chair plus rĂ©sistante, Ă  stabiliser son chakra, Ă  vaincre la douleur, la maladie et l’usure. Il voulait devenir la preuve vivante qu’un homme pouvait dĂ©passer l’homme. Il voulait crĂ©er un modĂšle, une premiĂšre marche vers une race humaine meilleure, plus implacable, plus saine, plus forte, capable de ne plus ĂȘtre broyĂ©e par les guerres que les villages entretenaient en prĂ©tendant les rĂ©soudre.

Mais les recherches ne produisirent pas l’homme parfait que Nagane espĂ©rait. Elles Ă©veillĂšrent autre chose. Au lieu d’abolir la douleur, son corps apprit Ă  la canaliser. Au lieu de supprimer la faiblesse, il fit du squelette une force nouvelle. Ses os cessĂšrent de n’ĂȘtre qu’une charpente intĂ©rieure : ils se durcirent, rĂ©pondirent au chakra, croissĂšrent, se reformĂšrent, percĂšrent la chair et devinrent des armes vivantes. Nagane n’avait pas vaincu l’humanitĂ©. Il avait ouvert une voie Ă©trange, monstrueuse, imparfaite, oĂč le corps ne devenait pas invulnĂ©rable, mais capable de transformer sa structure la plus profonde en dĂ©fense, en lame et en survie.

« Nagane voulait crĂ©er un homme sans faiblesse. Il dĂ©couvrit seulement que la faiblesse pouvait pousser des os. » - Note attribuĂ©e aux premiers laboratoires d’Oto

Convaincu d’avoir trouvĂ© une Ă©tape dĂ©cisive, Nagane voulut reproduire l’expĂ©rience sur ses disciples. La plupart acceptĂšrent. Ils avaient vu ce qu’il avait obtenu, ils connaissaient sa vision, et beaucoup partageaient la mĂȘme haine du monde qui les avait laissĂ©s faibles, malades, abandonnĂ©s ou trop fragiles pour se dĂ©fendre. Nagane ne leur promettait pas une voie douce. Il leur disait que la douleur Ă©tait nĂ©cessaire, que le corps devait ĂȘtre forcĂ© Ă  Ă©voluer, que l’avenir ne serait jamais donnĂ© Ă  ceux qui attendaient d’ĂȘtre sauvĂ©s. Tous acceptĂšrent, sauf Kuraichi.

Kuraichi Ă©tait diffĂ©rent. Vendu par son pĂšre, abandonnĂ© dans un orphelinat d’Ame, marquĂ© par une peur maladive de la solitude, il ne cherchait pas la perfection, ni une humanitĂ© nouvelle, ni un corps capable d’écraser le monde. Il voulait une famille. Nagane, lui, voyait en lui un enfant qu’il fallait rendre assez fort pour ne plus jamais ĂȘtre vendu, abandonnĂ© ou brisĂ©. Il ne comprit pas tout de suite que vouloir donner la force Ă  quelqu’un contre sa volontĂ© pouvait devenir une autre forme de violence. Aux yeux de Nagane, l’expĂ©rience Ă©tait une arme offerte. Aux yeux de Kuraichi, elle risquait de devenir une chaĂźne de plus.

Pourtant, la dĂ©couverte de Nagane permit aussi de sauver ceux que personne ne parvenait Ă  sauver autrement. Parmi les orphelins ramenĂ©s d’Ame ou recueillis par Oto, certains Ă©taient trop malades, trop faibles, trop abĂźmĂ©s par la faim, les sĂ©vices, la rue ou l’exploitation. Certains semblaient condamnĂ©s avant mĂȘme d’avoir eu une chance de vivre. Nagane, en perfectionnant ses recherches sur les os, parvint peu Ă  peu Ă  renforcer des corps qui auraient dĂ» cĂ©der, Ă  reconstruire des structures internes trop fragiles, Ă  offrir une rĂ©sistance nouvelle Ă  des enfants que le monde avait dĂ©jĂ  classĂ©s parmi les pertes. Mais cette survie exigeait un prix. Il leur apprit Ă  accepter la douleur, non comme une punition, mais comme le passage nĂ©cessaire vers une vie que leur corps ancien ne pouvait plus porter.

Petit Ă  petit, autour de Nagane, apparurent de plus en plus d’enfants transformĂ©s, de disciples modifiĂ©s, de survivants dont les os rĂ©pondaient au chakra comme les siens. Certains Ă©taient nĂ©s des premiĂšres transmissions naturelles du pouvoir, d’autres l’avaient obtenu par l’expĂ©rience, d’autres encore avaient Ă©tĂ© sauvĂ©s d’une mort lente par cette Ă©volution forcĂ©e. Tous portaient une part de la mĂȘme marque : une ossature devenue vivante, une chair contrainte de s’adapter, une douleur fondatrice qu’ils ne pouvaient jamais oublier. Ainsi, sans que Nagane l’ait d’abord voulu sous cette forme, un groupe se forma autour de lui.

Sa haine du monde shinobi atteignit alors son sommet. Nagane ne voulait plus seulement sauver des enfants ou corriger des faiblesses individuelles. Il voulait transformer le systĂšme lui-mĂȘme. Il voyait dans ses disciples la preuve qu’une autre humanitĂ© pouvait naĂźtre Ă  Oto, une humanitĂ© forgĂ©e non par le sang des grands clans, mais par la volontĂ©, la science, la douleur et l’évolution. C’est Ă  ce moment qu’il fonda le Clan Kaguya, en s’inspirant d’un livre qu’il avait lu lorsqu’il apprenait encore Ă  lire dans le domaine Uchiha : l’histoire de Kagaya, la danseuse brisĂ©e de L’Épine en Fleur, Danse du Lotus.

Ce nom n’était pas innocent. Pour Nagane, Kagaya incarnait une souffrance rendue noble, une transformation par la douleur, une beautĂ© nĂ©e d’un corps brisĂ© qui, malgrĂ© tout, avait forcĂ© le monde Ă  la regarder. En nommant ses enfants transformĂ©s Kaguya, il voulait donner Ă  leur sacrifice une dimension plus chevaleresque, plus romanesque, presque sacrĂ©e. Il voulait croire que leurs douleurs n’étaient pas celles de cobayes, mais celles d’ĂȘtres appelĂ©s Ă  devenir plus grands que la misĂšre d’oĂč ils venaient. Le nom Kaguya fut donc d’abord une tentative de donner une forme belle Ă  une rĂ©alitĂ© terrible.

Pendant un temps, Nagane Ă©duqua les enfants transformĂ©s, les entraĂźna, leur apprit Ă  comprendre leurs os, Ă  faire circuler leur chakra, Ă  ne pas se laisser dĂ©truire par leur propre Ă©volution. Il ne les abandonna pas dĂšs leur crĂ©ation. Il leur transmit des mĂ©thodes, une discipline, une maniĂšre de survivre Ă  ce qu’ils Ă©taient devenus. Il voulait faire d’eux les preuves vivantes que le monde pouvait ĂȘtre réécrit. Mais plus le clan prenait forme, plus une vĂ©ritĂ© insupportable apparut devant lui : Oto et les Kaguya commençaient Ă  reproduire ce qu’il avait toujours voulu combattre.

Le refuge des rejetĂ©s devenait Ă  son tour une structure de pouvoir. Le clan nĂ© pour dĂ©passer les injustices du monde shinobi crĂ©ait ses propres hiĂ©rarchies, ses propres douleurs nĂ©cessaires, ses propres enfants façonnĂ©s par une volontĂ© qui n’était pas toujours la leur. Nagane comprit peu Ă  peu que sa haine du systĂšme ne l’avait pas empĂȘchĂ© d’en reprendre les mĂ©canismes. Il avait voulu sauver les faibles, mais avait parfois dĂ©cidĂ© pour eux ce que la force devait signifier. Il avait voulu abolir les souffrances inutiles, mais avait construit un hĂ©ritage oĂč la douleur devenait presque obligatoire. Il avait voulu crĂ©er une humanitĂ© meilleure, mais il avait surtout créé des enfants capables de survivre Ă  l’enfer qu’il leur avait demandĂ© d’accepter.

Ce regret le rongea. Nagane ne renia pas entiĂšrement son Ɠuvre, car les Kaguya vivaient, combattaient, protĂ©geaient et existaient grĂące Ă  ce qu’il avait dĂ©couvert. Mais il ne pouvait plus regarder le clan sans y voir le reflet de ses contradictions. AprĂšs avoir transmis ce qu’il pouvait, aprĂšs avoir entraĂźnĂ© et Ă©duquĂ© ceux qu’il appelait parfois ses enfants transformĂ©s, Nagane disparut. Il laissa derriĂšre lui un clan encore jeune, puissant, douloureux, sans son fondateur pour rĂ©pondre Ă  toutes les questions qu’il avait lui-mĂȘme ouvertes.

AprĂšs son dĂ©part, les Kaguya auraient pu se disperser ou s’effondrer sous le poids de cette origine trouble. Mais Kuraichi donna au clan ce que Nagane n’avait jamais su lui donner pleinement : une Ăąme familiale. Contrairement Ă  Nagane, il ne voulait pas crĂ©er une race supĂ©rieure, ni une armĂ©e d’ĂȘtres parfaits. Il voulait que ceux qui avaient souffert ensemble ne soient plus jamais seuls. Pour lui, le sang ne crĂ©ait pas la famille ; il l’avait appris trop tĂŽt. Ce qui liait les Kaguya, ce n’était pas une puretĂ© hĂ©rĂ©ditaire, mais le fait d’avoir traversĂ© la mĂȘme douleur, d’avoir portĂ© les mĂȘmes os changĂ©s, d’avoir survĂ©cu Ă  une transformation que personne d’extĂ©rieur ne pourrait vraiment comprendre.

Ainsi, le Clan Kaguya devint ce qu’il est aujourd’hui : non pas une lignĂ©e ancienne, mais une famille nĂ©e de l’évolution forcĂ©e, de la science, du regret et de la souffrance partagĂ©e. Nagane lui donna le pouvoir, le nom et la premiĂšre discipline. Kuraichi lui donna le sens, la chaleur rude d’une famille inventĂ©e et la conviction que deux ĂȘtres ayant souffert de la mĂȘme maniĂšre peuvent ĂȘtre plus frĂšres que deux hommes partageant simplement le mĂȘme sang. Les Kaguya portent donc deux hĂ©ritages Ă  la fois : celui de Nagane, le scientifique qui voulut dĂ©passer l’humanitĂ© et finit par craindre d’avoir reproduit ses horreurs, et celui de Kuraichi, l’enfant abandonnĂ© qui transforma les monstres osseux en famille.

Depuis lors, les Kaguya avancent avec cette contradiction dans la poitrine. Leur pouvoir fait de leurs os des armes, mais leur histoire rappelle que ces os furent aussi une tentative de sauver des enfants trop faibles pour survivre au monde. Ils sont nĂ©s d’un rĂȘve de perfection, mais ont appris Ă  vivre dans l’imperfection de leurs liens. Ils sont les enfants d’Oto, du laboratoire, de la douleur, du regret et de la famille choisie. LĂ  oĂč Nagane avait voulu crĂ©er des ĂȘtres capables de remplacer l’humanitĂ©, les Kaguya ont finalement appris une vĂ©ritĂ© plus fragile et plus durable : il ne suffit pas de devenir plus fort que les hommes pour devenir meilleur qu’eux.

« Nagane nous a donné des os pour survivre. Kuraichi nous a appris pourquoi il fallait rester ensemble une fois debout. » - Parole Kaguya


Culture 🆕

La culture du Clan Kaguya ne repose pas sur la puretĂ© du sang, ni sur une noblesse ancienne, ni sur des lignĂ©es sĂ©parĂ©es qui se disputeraient l’hĂ©ritage du clan. Les Kaguya d’Otogakure sont nĂ©s d’une expĂ©rience, d’un abandon, puis d’une volontĂ© commune de ne plus jamais ĂȘtre seuls. Leur premiĂšre vĂ©ritĂ© n’est donc pas celle du sang, mais celle de la souffrance partagĂ©e. LĂ  oĂč d’autres clans se reconnaissent par leurs ancĂȘtres, leurs domaines ou leurs traditions, les Kaguya se reconnaissent dans ce qu’ils ont endurĂ©, dans ce Ă  quoi ils ont survĂ©cu, et dans cette certitude que la douleur peut crĂ©er des liens plus profonds que la naissance.

Cette philosophie vient directement de Kuraichi, le premier chef du clan. Contrairement Ă  Nagane, il ne voulait pas faire des Kaguya une race supĂ©rieure, ni poursuivre jusqu’au bout le rĂȘve d’une humanitĂ© parfaite, implacable et dĂ©barrassĂ©e de ses faiblesses. Kuraichi voulait crĂ©er une famille. Ayant Ă©tĂ© vendu par son pĂšre, puis abandonnĂ© dans un orphelinat d’Ame, il dĂ©veloppa trĂšs tĂŽt une mĂ©fiance profonde envers l’idĂ©e de famille par le sang. Pour lui, le sang ne prouvait rien. Un pĂšre pouvait vendre son enfant, un parent pouvait abandonner les siens, une lignĂ©e pouvait trahir ceux qu’elle prĂ©tendait protĂ©ger. Alors il inventa un autre lien, plus dur, plus sincĂšre Ă  ses yeux : celui de la souffrance vĂ©cue ensemble.

« Le sang peut mentir. La souffrance partagée, elle, laisse des traces que personne ne peut falsifier. » - Parole attribuée à Kuraichi Kaguya

Chez les Kaguya, la douleur n’est pas adorĂ©e. Elle n’est pas recherchĂ©e pour elle-mĂȘme, ni cĂ©lĂ©brĂ©e comme une fin, ni portĂ©e avec fiertĂ© comme si souffrir rendait automatiquement supĂ©rieur. Elle est considĂ©rĂ©e comme un enseignement, une force terrible qui rappelle Ă  chacun sa mortalitĂ©, sa limite, sa condition d’ĂȘtre vivant dans un monde capable de briser les corps et les esprits. Un Kaguya apprend Ă  ne pas fuir la douleur, non parce qu’il l’aime, mais parce qu’il sait qu’elle existe partout dans le monde shinobi : dans les corps ouverts, les abandons, les deuils, les trahisons, les souvenirs, les peurs et les choix impossibles. La douleur n’est pas un dieu. Elle n’est pas une vĂ©ritĂ© Ă  vĂ©nĂ©rer. Elle est une Ă©preuve Ă  accepter, puis un savoir Ă  transmettre.

C’est pour cette raison qu’un Kaguya ne protĂšge pas parce qu’il est naturellement pur, tendre ou altruiste. Il protĂšge parce qu’il sait ce que signifie souffrir. Il sait ce que reprĂ©sente l’abandon, la solitude, la peur d’ĂȘtre oubliĂ©, la sensation d’ĂȘtre utilisĂ© comme un objet par ceux qui prĂ©tendaient savoir mieux que lui ce qu’il devait devenir. Chaque Kaguya doit donc apprendre Ă  devenir un rempart, celui qui encaisse, celui qui reste debout, celui qui porte la douleur des plus faibles lorsque ceux-ci ne peuvent pas encore la porter eux-mĂȘmes. La puissance n’a de valeur que si elle sert Ă  protĂ©ger ceux qui n’ont pas encore la force de survivre seuls.

Cette vision fait du clan une famille rude, parfois violente, mais profondĂ©ment soudĂ©e. Les Kaguya ne promettent pas le confort, ni la douceur, ni l’absence de blessures ; ils promettent une prĂ©sence. Être reconnu comme l’un des leurs signifie que sa souffrance ne sera plus simplement une honte ou un fardeau solitaire, mais une part de l’ossature commune du clan. Les Kaguya sont difficiles, souvent brutaux dans leur maniĂšre d’aimer, mais leur loyautĂ© peut devenir presque inĂ©branlable lorsque le lien est acceptĂ©. Ils ne savent pas toujours consoler, mais ils savent rester. Ils ne savent pas toujours parler, mais ils savent se placer devant.

Leur pouvoir osseux reflĂšte parfaitement cette culture. Les os sont ce qu’il y a de plus profond dans le corps, ce qui soutient la chair sans ĂȘtre vu, ce qui demeure lorsque le reste tombe. Chez les Kaguya, cette structure cachĂ©e devient visible, offensive, dĂ©fensive, vivante. Le squelette cesse d’ĂȘtre seulement ce qui permet de tenir debout : il devient une arme, une armure, un mur, une preuve. En combattant avec leurs os, les Kaguya rappellent que ce qui a Ă©tĂ© brisĂ©, tordu ou modifiĂ© par la souffrance peut encore servir Ă  protĂ©ger. Leur corps tout entier devient une mĂ©taphore de leur philosophie : survivre, durcir, ressortir ce qui devait rester enfoui, et en faire une force.

Le rapport des Kaguya aux Jashinistes est marquĂ© par deux blessures que le clan n’a jamais vraiment digĂ©rĂ©es. La premiĂšre vient de l’agression de Nagane par des Jashinistes, Ă©vĂ©nement qui renforça chez plusieurs survivants l’image d’une foi capable d’imposer sa violence au nom d’un dogme. La seconde, plus intime encore, fut la trahison d’Amon, l’un des premiers Kaguya, qui chercha un sens Ă  sa souffrance auprĂšs du culte de Jashin et finit par se dĂ©tourner des siens. Pour Kuraichi, Amon n’avait pas seulement choisi une croyance diffĂ©rente : il avait prĂ©fĂ©rĂ© une idole, une doctrine et une pratique religieuse Ă  la famille qui avait souffert avec lui. Kuraichi le tua, et ce premier fratricide devint l’un des avertissements les plus sombres du clan : toute foi capable d’arracher un frĂšre Ă  sa famille est un poison.

La diffĂ©rence entre les deux visions est nette. Les Jashinistes voient dans la douleur un moyen de rĂ©vĂ©ler la vĂ©ritable nature des hommes, d’imposer le chaos aux faibles pour les forcer Ă  devenir plus forts ou Ă  disparaĂźtre s’ils en sont incapables. Les Kaguya, eux, refusent cette logique. Pour eux, la souffrance n’a pas vocation Ă  ĂȘtre imposĂ©e aux faibles, mais portĂ©e avec eux jusqu’à ce qu’ils puissent tenir debout. LĂ  oĂč les Jashinistes suivent Jashin, ses dogmes et ses rites, les Kaguya refusent qu’une divinitĂ© ou une foi passe avant la fraternitĂ©. LĂ  oĂč le culte peut transformer la douleur en pratique sacrĂ©e, les Kaguya y voient un enseignement brutal, mais jamais une adoration. Cette opposition est franche, culturelle et profonde : un Kaguya accepte la douleur parce qu’elle lui rappelle pourquoi il doit protĂ©ger, pas parce qu’elle mĂ©rite un autel.

Ainsi, la culture Kaguya repose sur une frontiĂšre exigeante. Ils ne rejettent pas la douleur, mais refusent de la vĂ©nĂ©rer. Ils ne rejettent pas la puissance, mais refusent qu’elle existe sans devoir. Ils ne croient pas que le sang suffise Ă  unir, mais exigent une loyautĂ© presque absolue envers la famille choisie. Ils ne cherchent pas Ă  ĂȘtre des saints, ni des martyrs, ni des armes parfaites. Ils cherchent Ă  devenir assez solides pour que les autres puissent s’appuyer sur eux lorsque le monde recommence Ă  briser des corps et des esprits.

Les Kaguya sont donc des monstres osseux, mais pas seulement des monstres de guerre. Ils sont les enfants d’une science ratĂ©e, d’une douleur commune et d’une famille inventĂ©e pour rĂ©pondre Ă  l’abandon. Leur culture leur apprend que l’on ne choisit pas toujours sa souffrance, mais que l’on peut choisir ce qu’elle construit ensuite. LĂ  oĂč Nagane avait voulu crĂ©er des ĂȘtres parfaits, Kuraichi leur apprit une vĂ©ritĂ© plus humaine, plus dure et plus durable : ce n’est pas l’absence de douleur qui fait une famille, mais la dĂ©cision de ne plus laisser quelqu’un la porter seul.

« Un Kaguya ne demande pas Ă  la douleur de disparaĂźtre. Il lui demande ce qu’elle peut encore porter. » - Enseignement du clan


Os Source 🆕

Chez les Kaguya, tous les os peuvent devenir des armes, mais tous ne possĂšdent pas la mĂȘme valeur. Les phalanges peuvent ĂȘtre projetĂ©es, les cĂŽtes peuvent former une armure, les vertĂšbres peuvent se tordre comme des lames, mais au centre du corps demeure l’ossement le plus prĂ©cieux du clan : le sternum, aussi appelĂ© l’Os-Source. LĂ  oĂč les Uchiha protĂšgent leurs yeux, oĂč les HyĆ«ga prĂ©servent leur Byakugan, oĂč les Karatachi gardent jalousement leur Kirisƍgan, les Kaguya protĂšgent cet os comme le cƓur vĂ©ritable de leur hĂ©ritage.

Le sternum n’est pas simplement une piĂšce de la cage thoracique. Chez les Kaguya, il est considĂ©rĂ© comme le noyau du pouvoir osseux, l’endroit oĂč le chakra liĂ© Ă  la croissance, Ă  la densitĂ© et Ă  la manipulation des os se concentre avec le plus d’intensitĂ©. C’est depuis cet Os-Source que le corps semble comprendre comment produire de nouveaux os, les durcir, les expulser, les remodeler et les transformer en armes vivantes. Sans lui, le don Kaguya perdrait sa cohĂ©rence, comme une armĂ©e privĂ©e de commandement.

Le contrĂŽle du pouvoir passe par cet os. Un Kaguya ne fait pas pousser ses os par simple instinct brut : il apprend Ă  faire circuler son chakra dans l’Os-Source, puis Ă  l’envoyer vers les diffĂ©rentes parties de son corps. Lorsque le chakra afflue dans une zone prĂ©cise, l’os rĂ©pond, croĂźt, se durcit, perce la chair ou prend la forme voulue. Lorsque le chakra se retire, l’os se rĂ©tracte, revient vers l’intĂ©rieur, se stabilise ou cesse sa croissance. Toute la maĂźtrise du clan repose donc sur cette circulation : pousser, retenir, densifier, expulser, rĂ©tracter. Un Kaguya inexpĂ©rimentĂ© produit souvent des excroissances douloureuses, imparfaites ou incontrĂŽlĂ©es, tandis qu’un maĂźtre peut faire jaillir une lame d’os avec la prĂ©cision d’un souffle, puis la faire rentrer sans laisser derriĂšre lui autre chose qu’une cicatrice refermĂ©e.

Pour cette raison, l’Os-Source est protĂ©gĂ© avec une obsession presque sacrĂ©e. Un Kaguya peut perdre une lame d’os, briser une cĂŽte ou arracher une partie de son propre squelette au combat, mais perdre son sternum revient Ă  perdre bien plus qu’un os. C’est risquer de voir son hĂ©ritage arrachĂ©, Ă©tudiĂ©, copiĂ© ou transmis Ă  un autre corps. Dans les laboratoires d’Oto, certaines archives affirment qu’une opĂ©ration mĂ©dicale d’une extrĂȘme complexitĂ© permettrait de prĂ©lever le sternum d’un Kaguya pour l’implanter Ă  quelqu’un d’autre, mais une telle intervention exige un savoir chirurgical avancĂ©, une maĂźtrise parfaite du chakra et une tolĂ©rance monstrueuse Ă  la douleur.

Une fois intĂ©grĂ© dans un autre corps, l’Os-Source peut transmettre une part du pouvoir Kaguya. Le receveur peut alors dĂ©velopper la capacitĂ© de produire et manipuler ses os, mais cela ne signifie pas qu’il en possĂšde immĂ©diatement la maĂźtrise. Le corps doit apprendre Ă  accepter l’ossement, Ă  survivre Ă  son influence et Ă  supporter une structure squelettique qui cherche parfois Ă  Ă©voluer plus vite que la chair ne peut le permettre. Beaucoup d’expĂ©riences Ă©chouent, certains meurent de rejet, d’autres voient leurs os croĂźtre de maniĂšre anarchique, comme si le pouvoir voulait transformer le corps entier en arme avant mĂȘme que l’esprit ne sache la manier.

Ainsi, l’Os-Source incarne toute la vĂ©ritĂ© du clan Kaguya : leur puissance ne vient pas seulement des os qu’ils montrent au combat, mais de celui qu’ils cachent au centre de leur poitrine. C’est le noyau de leur violence, la matrice de leur hĂ©ritage, le point de dĂ©part de chaque lame et de chaque armure. Chez eux, le squelette n’est pas une simple structure destinĂ©e Ă  porter la vie. Il est la vie elle-mĂȘme, prĂȘte Ă  devenir arme lorsque le chakra traverse l’os qui commande Ă  tous les autres.

« Pour voler une arme Ă  un Kaguya, il suffit de briser l’un de ses os. Pour voler son hĂ©ritage, il faut ouvrir sa poitrine et prendre l’Os-Source. »


Les DegrĂ©s de la Souffrance 🆕

Chez les Kaguya, la souffrance n’est pas une faiblesse Ă  cacher, ni une fatalitĂ© Ă  subir en silence. Elle est une matiĂšre brute, une Ă©preuve, un langage que le corps et l’esprit doivent apprendre Ă  comprendre. Kuraichi enseignait que chaque ĂȘtre vivant traverse plusieurs formes de douleur au cours de son existence, mais que seuls ceux qui acceptent de les regarder en face peuvent rĂ©ellement comprendre ce qu’elles forgent en eux. Pour les Kaguya, ces douleurs se divisent en quatre souffrances fondamentales.

La Souffrance Physique

La premiĂšre souffrance est celle du corps. C’est la douleur la plus Ă©vidente, la plus directe, celle des blessures, du sang, des fractures, des os brisĂ©s et des chairs ouvertes. Elle est la premiĂšre langue que le monde impose aux ĂȘtres faibles, car tout corps vivant peut ĂȘtre frappĂ©, usĂ©, dĂ©chirĂ© ou forcĂ© Ă  plier.

Chez les Kaguya, cette souffrance possĂšde une place particuliĂšre. Leur pouvoir naĂźt dans les os, dans cette structure profonde qui soutient le corps et endure chaque choc avant mĂȘme que la chair ne comprenne ce qui lui arrive. Apprendre Ă  supporter la douleur physique, ce n’est pas apprendre Ă  l’aimer. C’est apprendre Ă  continuer malgrĂ© elle, Ă  rester debout lorsque le corps demande la chute, Ă  respirer quand les cĂŽtes brĂ»lent, Ă  avancer lorsque les fractures deviennent des armes.

La souffrance physique forge l’endurance. Elle apprend au Kaguya que son corps n’est pas seulement une limite, mais un rempart. Tant qu’il tient, quelqu’un d’autre peut encore ĂȘtre protĂ©gĂ©.

La Souffrance Émotionnelle

La seconde souffrance est celle du cƓur, mĂȘme si les Kaguya utilisent rarement ce mot avec douceur. Elle naĂźt de la perte, de l’abandon, du deuil, de la trahison et de l’absence. Elle ne brise pas les os, mais elle peut rendre un homme incapable de se relever. Elle ne laisse pas toujours de cicatrice visible, mais elle creuse parfois plus profondĂ©ment que n’importe quelle lame.

Kuraichi considĂ©rait cette souffrance comme la plus importante pour comprendre la notion de famille. Celui qui n’a jamais connu l’abandon peut croire que le sang suffit. Celui qui a Ă©tĂ© vendu, rejetĂ© ou laissĂ© seul sait que la famille n’est pas toujours donnĂ©e Ă  la naissance. Elle se construit dans les prĂ©sences qui restent, dans ceux qui reviennent, dans ceux qui ne dĂ©tournent pas le regard lorsque la douleur devient trop lourde.

La souffrance Ă©motionnelle forge les liens. Elle apprend au Kaguya que protĂ©ger quelqu’un ne vient pas toujours de la gentillesse, mais de la mĂ©moire intime de ce que cela fait d’ĂȘtre abandonnĂ©.

La Souffrance Psychologique

La troisiĂšme souffrance est celle de l’esprit. Elle vient des traumatismes, de la culpabilitĂ©, de la peur, des souvenirs qui reviennent, des voix intĂ©rieures, des cauchemars, des pensĂ©es qui tournent jusqu’à devenir des prisons. Elle est plus difficile Ă  combattre que la douleur physique, car il ne suffit pas de serrer les dents ou de refermer une blessure pour la vaincre.

Pour les Kaguya, cette souffrance est dangereuse parce qu’elle peut transformer un survivant en ruine silencieuse. Un corps peut guĂ©rir et continuer Ă  marcher, tandis qu’un esprit brisĂ© peut rester enfermĂ© dans une salle d’expĂ©rience, dans un abandon ancien, dans une faute qu’il ne parvient pas Ă  se pardonner. Pourtant, cette douleur peut aussi devenir une force si elle est comprise. Elle apprend Ă  reconnaĂźtre ses propres failles, Ă  ne pas mĂ©priser celles des autres, et Ă  rester lucide face aux monstres que la peur peut crĂ©er.

La souffrance psychologique forge l’esprit. Elle ne rend pas forcĂ©ment plus doux, ni plus sage, mais elle peut rendre plus conscient, plus solide, plus capable de regarder l’horreur sans se laisser entiĂšrement dĂ©vorer par elle.

La Souffrance Existentielle

La quatriĂšme souffrance est la plus profonde. Elle ne vient pas seulement du corps, du cƓur ou de l’esprit, mais de l’existence elle-mĂȘme. Elle commence lorsque l’on se demande : pourquoi vivre ? Pourquoi continuer ? Quel est mon rĂŽle ? Pourquoi suis-je nĂ© ? C’est la souffrance de ceux qui ne cherchent plus seulement Ă  survivre, mais Ă  comprendre ce que leur survie signifie.

Chez les Kaguya, cette souffrance est celle des ĂȘtres qui ont Ă©tĂ© créés, utilisĂ©s, abandonnĂ©s ou transformĂ©s sans avoir choisi leur propre origine. Elle touche ceux qui se demandent s’ils ne sont que des armes, des erreurs, des monstres ou des restes d’une expĂ©rience ratĂ©e. Elle est terrible, car aucune armure d’os ne peut arrĂȘter ce genre de question. Aucun combat ne peut y rĂ©pondre entiĂšrement. Aucun ennemi tuĂ© ne suffit Ă  faire disparaĂźtre le vide qu’elle ouvre.

Mais celui qui accepte cette souffrance cesse peu Ă  peu d’avoir peur de mourir. Non parce qu’il mĂ©prise la vie, mais parce qu’il a dĂ©jĂ  affrontĂ© la question la plus lourde : celle de savoir pourquoi il continue malgrĂ© tout. Un Kaguya qui trouve sa rĂ©ponse devient difficile Ă  briser, car il ne vit plus seulement par instinct ou par colĂšre. Il vit pour un rĂŽle qu’il a choisi, pour une famille qu’il a reconnue, pour une douleur qu’il a dĂ©cidĂ© de transformer.

La souffrance existentielle forge le sens. Et pour les Kaguya, trouver un sens Ă  sa douleur est parfois la seule maniĂšre de ne pas redevenir un simple cobaye dans les mains du monde.

« Le corps endure, le cƓur s’attache, l’esprit survit, mais seul celui qui trouve pourquoi il continue devient rĂ©ellement libre. » - Enseignement Kaguya


"Suza" 🆕

La lignĂ©e Suza occupe une place particuliĂšre dans l’histoire du Clan Kaguya, car elle ne reprĂ©sente pas seulement une descendance, mais une maniĂšre diffĂ©rente de comprendre l’appartenance au clan. Suza Ă©tait le vĂ©ritable nom de famille de Shiki, avant qu’il ne devienne pleinement Kaguya. Contrairement Ă  Kuraichi, qui voyait dans le clan une famille nĂ©e de la souffrance commune, Shiki affirma trĂšs tĂŽt que les Kaguya n’étaient pas sa famille, mais son appartenance. Il ne reniait pas le clan, il refusait simplement de confondre le lien du sang, le lien du cƓur et le lien du devoir. C’est pour cette raison qu’il porta le nom de Shiki Suza Kaguya, comme une dĂ©claration silencieuse : Suza Ă©tait ce qu’il Ă©tait par origine, Kaguya ce qu’il avait choisi de servir.

ÉlevĂ© presque comme un petit prince sous la protection de Kuraichi, Shiki fut longtemps son favori, mais aussi son plus grand opposant idĂ©ologique. LĂ  oĂč Kuraichi voulait faire des Kaguya une famille indissociable, Shiki voyait dans cette vision une faiblesse dangereuse, une confusion capable de troubler les dĂ©cisions du chef et de rendre le clan trop dĂ©pendant de l’affection. Pour lui, les Kaguya devaient ĂȘtre une force, un ordre, une couronne bĂątie sur la douleur maĂźtrisĂ©e. Cette opposition ne l’empĂȘcha pas de marquer profondĂ©ment le clan : c’est lui qui introduisit les Ossements, les maĂźtres d’armes chargĂ©s d’encadrer, de former et de prĂ©server l’art martial Kaguya. Les Shizume, clan mineur trĂšs proche des Kaguya et presque considĂ©rĂ© comme une famille alliĂ©e, portent encore le nom Suza parce que Shiki le leur offrit, faisant d’eux les hĂ©ritiers d’une partie de sa vision.

La lignĂ©e Suza est aussi celle qui porta le plus fortement l’idĂ©e de royautĂ© au sein du clan. Shiki Suza Kaguya fut le premier chef Ă  se faire appeler Roi du Clan Kaguya, non par simple orgueil, mais parce qu’il considĂ©rait que le clan avait besoin d’une autoritĂ© verticale, sacrĂ©e, impossible Ă  confondre avec une simple fraternitĂ©. Le chef ne devait pas seulement aimer les siens, il devait rĂ©gner sur eux, dĂ©cider pour eux, parfois contre eux, et porter seul le poids des morts nĂ©cessaires. C’est Ă©galement Shiki qui instaura l’un des rites les plus graves du clan : lorsqu’un Kaguya devait mourir sous l’autoritĂ© du chef, il devait mourir yeux dans les yeux avec lui, autour de la ForĂȘt d’Os, sans regards perturbateurs, sans foule, sans jugement extĂ©rieur. Ce dernier instant devait appartenir uniquement au chef et au Kaguya condamnĂ©, car pour Shiki, mĂȘme la mort devait rester un lien direct entre celui qui portait la couronne et celui qui quittait le clan.

« Kuraichi voulait des frĂšres. Shiki voulut un royaume. Et entre les deux naquit l’une des plus grandes fractures du Clan Kaguya. » - Archive d’Otogakure


Origine du Nom 🆕

Le nom Kaguya ne vient pas d’un sang ancien, ni d’une famille disparue, ni d’un clan que Nagane aurait tentĂ© de ressusciter. Il vient d’une lĂ©gende, d’un rĂ©cit que l’on racontait autrefois comme une tragĂ©die presque irrĂ©elle : L’Épine en Fleur, Danse du Lotus, l’histoire de la princesse Kagaya. Cette femme, que les contes appelĂšrent princesse non parce qu’elle Ă©tait nĂ©e noble, mais parce que sa derniĂšre danse avait forcĂ© les puissants Ă  la regarder comme telle, devint malgrĂ© elle l’un des symboles les plus profonds de la souffrance transformĂ©e en beautĂ©.

Kagaya Ă©tait nĂ©e dans la misĂšre, sans pĂšre reconnu, sans statut, sans protection. KidnappĂ©e, vendue, prostituĂ©e, puis rĂ©duite au rĂŽle de servante, elle fut un jour prise sous l’autoritĂ© de Ranzƍ, un ancien danseur cruel qui dĂ©cida de faire d’elle son instrument de revanche. Il lui enseigna une danse interdite, fondĂ©e sur des mouvements si violents qu’ils brisaient progressivement son corps. Ses articulations cĂ©daient, ses muscles brĂ»laient, ses os souffraient sous la grĂące qu’on exigeait d’elle, mais dans cette douleur, Kagaya dĂ©couvrit une chose qu’elle n’avait jamais possĂ©dĂ©e : le pouvoir d’ĂȘtre vue.

Avec les annĂ©es, elle devint une danseuse fascinante, admirĂ©e par les dignitaires, les seigneurs et les hommes les plus puissants. Pourtant, derriĂšre chaque geste parfait se cachait un corps dĂ©truit. Sa beautĂ© Ă©tait une blessure mise en scĂšne, sa grĂące une torture rendue acceptable par les regards de ceux qui l’applaudissaient. Plus tard, elle transforma sa danse en langage secret pour aider une rĂ©sistance Ă  transmettre des messages au cƓur mĂȘme des salons du pouvoir. Ce qui avait Ă©tĂ© créé pour l’humilier devint une arme, puis un acte de libertĂ©.

Lors de sa chute, les nobles la rejetĂšrent comme un pantin brisĂ©. PrivĂ©e de scĂšne, privĂ©e de regard, Kagaya disparut dans le silence pendant plusieurs annĂ©es, jusqu’au soir oĂč une guerre Ă©clata autour du palais. Alors, sans arme, elle traversa les flammes et les combattants, puis commença sa derniĂšre danse. Cette danse ne servait plus aucun maĂźtre, aucun noble, aucun rebelle, aucune cause qui aurait voulu l’utiliser. Elle racontait simplement sa douleur, son histoire, celle des opprimĂ©s, celle des corps exploitĂ©s jusqu’à la rupture. Les soldats cessĂšrent de se battre. Les rebelles baissĂšrent leurs armes. Kagaya poussa son corps jusqu’à son ultime limite, s’effondra avec un vĂ©ritable sourire, et mourut en interrompant la violence par le seul langage qu’on lui avait laissĂ©.

Au dĂ©part, Nagane ne voyait dans cette histoire qu’une lĂ©gende utile. Pour lui, Kagaya reprĂ©sentait une image parfaite : un corps brisĂ© par la souffrance, transformĂ© par l’art, rendu plus grand que lui-mĂȘme au moment oĂč il aurait dĂ» disparaĂźtre. Lorsqu’il commença Ă  nommer ses crĂ©ations, il emprunta ce rĂ©cit pour donner Ă  son Ɠuvre une apparence plus noble, plus chevaleresque, presque romantique. Ses cobayes n’étaient plus seulement des corps ouverts sur une table d’expĂ©rience, mais les hĂ©ritiers d’une idĂ©e : souffrir, se transformer, devenir visible, dĂ©passer l’état misĂ©rable dans lequel le monde les avait laissĂ©s. Ainsi, le nom Kaguya naquit d’une dĂ©formation volontaire de Kagaya, comme si Nagane voulait inscrire ses monstres osseux dans la continuitĂ© d’un sacrifice magnifique plutĂŽt que dans la brutalitĂ© d’un laboratoire.

Ce choix n’était pas innocent. Nagane avait besoin de croire que son Ɠuvre possĂ©dait une beautĂ©. Il ne voulait pas voir seulement les cris, les fractures, les chairs modifiĂ©es et les os poussant lĂ  oĂč ils n’auraient jamais dĂ» pousser. En invoquant Kagaya, il couvrait ses expĂ©riences d’un voile de poĂ©sie. Il pouvait se convaincre que la douleur avait un sens supĂ©rieur, que la transformation rendait les ĂȘtres plus grands, que ceux qu’il brisait deviendraient un jour assez puissants pour ne plus ĂȘtre oubliĂ©s. Le nom Kaguya fut donc d’abord un mensonge Ă©lĂ©gant posĂ© sur une rĂ©alitĂ© monstrueuse.

Cette lĂ©gende resta longtemps floue, jusqu’au jour oĂč une troupe prĂ©senta Ă  Otogakure une piĂšce de théùtre inspirĂ©e de L’Épine en Fleur, Danse du Lotus. Parmi ceux qui jouaient la scĂšne se trouvait une descendante de Kagaya, porteuse d’une mĂ©moire bien plus rĂ©elle que le conte enjolivĂ© que Nagane avait transmis aux siens. Lorsque certains Kaguya assistĂšrent Ă  la reprĂ©sentation, ils reconnurent dans cette histoire des Ă©chos troublants de leur propre nom, de leur propre douleur, et commencĂšrent Ă  poser des questions. Ils voulaient savoir pourquoi Nagane leur avait donnĂ© ce nom, pourquoi la lĂ©gende semblait avoir Ă©tĂ© exagĂ©rĂ©e, embellie, rendue plus chevaleresque qu’elle ne l’était rĂ©ellement.

La descendante de Kagaya leur rĂ©pondit presque trop honnĂȘtement. Elle leur raconta que l’histoire n’était pas seulement une fable, que Kagaya avait rĂ©ellement existĂ©, que sa souffrance n’avait pas Ă©tĂ© une poĂ©sie noble mais une exploitation brutale, et que beaucoup de versions avaient transformĂ© son sacrifice en conte agrĂ©able pour mieux cacher la violence de ceux qui l’avaient utilisĂ©e. Elle ne rĂ©vĂ©la peut-ĂȘtre pas tout, mais elle en dit assez pour fissurer le rĂ©cit de Nagane. Les Kaguya comprirent alors que leur nom ne reposait pas seulement sur une lĂ©gende choisie pour sa beautĂ©, mais sur une vĂ©ritĂ© humaine, blessĂ©e, volĂ©e et dĂ©formĂ©e.

Nagane entra dans le dĂ©ni. Accepter la vĂ©ritĂ© aurait signifiĂ© reconnaĂźtre que le nom Kaguya n’était pas seulement un hommage, mais une appropriation. Cela aurait signifiĂ© admettre qu’il avait utilisĂ© l’histoire d’une femme rĂ©ellement exploitĂ©e pour rendre plus acceptable l’exploitation de ses propres cobayes. Il aurait fallu regarder en face le parallĂšle terrible entre Kagaya, brisĂ©e par une danse qu’on lui avait imposĂ©e, et les premiers Kaguya, brisĂ©s par des expĂ©riences qu’il justifiait au nom d’un avenir supĂ©rieur. Nagane refusa cette vĂ©ritĂ©. PlutĂŽt que de laisser les siens comprendre, il prĂ©fĂ©ra refermer la plaie.

Il fit tuer la descendance de Kagaya et Ă©loigna les Kaguya du groupe qui jouait la scĂšne. Les comĂ©diens disparurent des cercles oĂč le clan aurait pu les entendre de nouveau, les questions furent Ă©touffĂ©es, les tĂ©moins Ă©cartĂ©s, et la lĂ©gende retourna dans le brouillard oĂč Nagane voulait la maintenir. Ce crime ne fut pas commis par simple cruautĂ©, mais par peur de perdre le contrĂŽle du rĂ©cit. Si la vĂ©ritĂ© de Kagaya devenait trop claire, alors les Kaguya ne pourraient plus porter leur nom comme une romance de douleur et de transformation. Ils devraient le porter comme le signe d’un vol, d’un mensonge et d’une continuitĂ© honteuse entre deux formes d’exploitation.

Ainsi, le nom Kaguya porte une contradiction terrible. Il vient d’une femme qui fut exploitĂ©e par tous avant de reprendre possession de son art, mais il fut donnĂ© par un homme qui exploitait Ă  son tour des corps pour donner un sens Ă  son rĂȘve. Il vient d’une danse qui transforma la douleur en dernier acte de libertĂ©, mais il fut attachĂ© Ă  des ĂȘtres dont la douleur avait d’abord Ă©tĂ© imposĂ©e, contrĂŽlĂ©e, mesurĂ©e et rĂ©pĂ©tĂ©e dans des laboratoires. Il vient d’une lĂ©gende de beautĂ©, de sacrifice et de libĂ©ration, mais il fut scellĂ© par un crime destinĂ© Ă  empĂȘcher cette beautĂ© de parler trop clairement.

Pour les Kaguya, cette origine reste trouble, presque honteuse. Certains ne connaissent que la version romanesque transmise par Nagane : celle d’un nom choisi en hommage Ă  Kagaya, princesse du lotus, femme brisĂ©e devenue assez grande pour faire taire une guerre. D’autres, plus proches des archives interdites, murmurent qu’une piĂšce de théùtre Ă  Oto faillit rĂ©vĂ©ler la vĂ©ritĂ©, et que Nagane fit disparaĂźtre ceux qui auraient pu rendre cette histoire trop rĂ©elle. Dans tous les cas, le nom demeure. Il rappelle que les Kaguya ne sont pas nĂ©s d’un sang pur, mais d’une histoire volĂ©e, réécrite, ensanglantĂ©e, puis adoptĂ©e par des survivants qui finirent par lui donner un sens nouveau.

Car au fond, les Kaguya hĂ©ritĂšrent malgrĂ© eux d’une part de Kagaya. Comme elle, ils furent utilisĂ©s. Comme elle, ils connurent une douleur qui dĂ©formait le corps. Comme elle, ils durent apprendre Ă  faire de cette douleur autre chose qu’une simple condamnation. Mais lĂ  oĂč Kagaya dansa pour mourir libre, les Kaguya apprirent Ă  vivre avec ce que la souffrance avait fait d’eux. Leur nom est donc Ă  la fois un hommage, un mensonge, un vol et une promesse : celle que mĂȘme une douleur imposĂ©e peut ĂȘtre reprise, transformĂ©e, puis transmise par ceux qui refusent de rester de simples instruments.

« Nagane donna aux cobayes le nom de Kagaya pour rendre leur souffrance plus belle. Kuraichi leur donna une famille pour qu’elle cesse d’ĂȘtre seulement une souffrance. »


Pour en apprendre plus sur le Clan Kaguya :

Liste des Tetsukages :


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